Janette Bertrand vous répond : lettre tirée de son courrier du cœur (partie 1 de 4)

Au début juin, le Théâtre ESPACE GO rendra hommage à la grande Janette Bertrand lors de sa soirée-bénéfice annuelle.

Alors en guise de clin d’œil à cette fameuse dame, voici une authentique lettre (et la réponse de Janette) tirée de la chronique Opinions de femmes, le courrier du cœur que Mme Bertrand a tenu dans Le Petit Journal entre 1953 et 1969.  Celle-ci a été publiée à la fin des années 50.

Janette Bertrand

Au cours des prochaines semaines, je vous réserve pas moins de six autres lettres originales! Leurs auteurs sont des femmes et des hommes de tous âges en quête d’un conseil ou d’un simple mot d’encouragement de la part de Mme Bertrand. Il y est question de vie de couple, d’argent, de Dieu…

Pour vous assurer de ne pas rater les prochaines lettres, je vous suggère de vous abonner au blogue.

Et maintenant, effectuons un petit voyage dans le temps… Place aux Opinions de femmes de Janette Bertrand!

« Je voudrais me guérir »

J’ai 15 ans et demi et j’ai un très grand défaut : j’aime bien me faire embrasser et me faire caresser. Je suis sortie avec un garçon et c’est là que ç’a débuté, car avant, je ne connaissais rien de l’amour. Ça n’a pas duré très longtemps. À 13 ans et demi, maman apprenait tout et par la suite : aucune sortie, aucune liberté, j’étais toujours suivie quand je sortais. Je ne désapprouve pas maman, parce que j’en ai eu besoin et j’en ai besoin encore. Mais là n’est pas le point. Aujourd’hui j’ai rencontré un garçon de 27 ans que maman connaît. Ça fait 5 ans qu’il n’était pas venu chez nous. Maman ne le sait pas, mais je le rencontre le vendredi soir, deux à trois fois par mois, après mon travail. Nous prenons une marche. Je sors seulement avec lui pour être embrassée et aussi, parce que c’est un beau garçon. Je ne peux passer une semaine sans être embrassée. Je voudrais me guérir. Est-ce du vice? Je ne voudrais pas que maman l’apprenne, elle aurait du dédain pour moi et elle aurait bien raison. Maman m’a assez dit qu’à mon âge, sortir avec un garçon, c’était seulement ça. Je travaille, fais des belles sorties, vais au concert, etc. Je n’ai pas l’idée de me marier avant 21 ou 22 ans. En tout sens, je fais une belle vie. J’ai oublié de vous dire que je suis très romantique et sentimentale.

Loulou

Vous n’aviez pas besoin de me dire que vous étiez sentimentale et romanesque, je l’avais deviné. Je pense que vous m’avez écrit avec l’intention inconsciente de me scandaliser. Vous espériez de moi que je vous dise : « Petit monstre, vous êtes la seule à aimer embrasser les garçons. » Je vais vous décevoir, vous n’êtes ni un monstre, ni la seule à aimer les baisers. Vous êtes simplement une petite fille dont les sens s’éveillent. D’autres que vous embrassent leurs cousins un peu plus souvent que nécessaire, d’autres rêvent d’acteurs de cinéma, rêvent trop, trop souvent et trop longtemps. Ce n’est pas grave d’aimer la crème glacée, ce qui est grave, c’est d’en manger sans discernement, d’en trop manger, d’en manger assez pour être malade. Il en est de même des baisers, si vous en abusez, ils peuvent vous conduire à donner plus qu’il ne faut et à ce moment-là, c’est grave. Les baisers sont dangereux parce qu’ils enivrent comme l’alcool, ils amollissent la volonté et vous livrent au premier garçon sans pudeur. Beaucoup de filles-mères doivent leur malheur à un baiser, un simple baiser. Vous aimez les baisers? Tant mieux! Réservez-les pour celui qui sera votre mari.

Janette, 1959

Deux autres lettres seront publiées mardi. D’ici là, attention aux sens qui s’éveillent avec l’arrivée du printemps…!

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La lettre et la réponse sont tirées de Bertrand, Janette. 1959. Opinions de femmes. Montréal : Éditions Beauchemin, 127 p.

Effervescence et chocolats

À deux semaines de la première de LA FUREUR DE CE QUE JE PENSE, pièce tirée de l’œuvre de Nelly Arcan, ESPACE GO est en effervescence.

Dans la salle principale, depuis quelques jours, on monte le décor. Les différentes parties de la scénographie, construites dans notre entrepôt avant d’être livrées au Théâtre, sont maintenant assemblées par une dizaine de techniciens. Depuis trois jours, coups de marteau et bruit de scie ronde se répondent à un rythme régulier. Une vraie ruche!

Dans la petite salle, en compagnie de la metteure en scène Marie, les sept interprètes du spectacle continuent à explorer et à répéter leurs partitions, comme sept mouvements d’une même symphonie :

LE CHANT PERDU | Anne Thériault
Où il est question de l’errance, de la solitude et de la souffrance

LE CHANT DES MIRAGES | Sophie Cadieux
Où il est question des illusions, de l’image et du corps

LE CHANT OCCULTE | Christine Beaulieu
Où il est question de la destinée et de la confusion des genres

LE CHANT DE L’ÉTHER | Julie Le Breton
Où il est question du cosmos, des étoiles et de la nature

LE CHANT DU SANG | Johanne Haberlin
Où il est question des liens du sang et de la descendance

LE CHANT DE L’OMBRE | Evelyne de la Chenelière
Où il est question du pouvoir d’attraction de la Mort

LE CHANT DES SERPENTS | Monia Chokri
Où il est question de foi et de folie

Enfin, au café-bar, bien concentrés devant leur ordinateur et leur cahier de notes, Antonin (décor) et Mikko (lumières) planchent sur les détails de leur conception. Ce dernier est d’ailleurs arrivé de Finlande la semaine dernière pour collaborer au spectacle.

Comme vous pouvez le constater, il y a beaucoup d’activités au Théâtre à l’aube de LA FUREUR DE CE QUE JE PENSE. J’ai hâte à la première. Et vous?

Chocolats de Pâques

Nos amis de chez Kem CoBa ont conçu de magnifiques chocolats de Pâques. Je vous jure, ils sont bien mieux que ceux vendus en pharmacie!

Si vous passez par le Mile End, arrêtez-y, ça en vaut la peine!

Chocolats Kem Coba 1

Chocolats Kem Coba 2

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Le meilleur de la craie 2

Quatre semaines et trois représentations supplémentaires plus tard, le spectacle LA DÉMESURE D’UNE 32A est maintenant terminé.

Au cours du dernier mois, de nombreux spectateurs ont profité de leur passage au vestiaire pour laisser messages et dessins sur le tableau noir.

Fidèle à la tradition, je profite de la fin du spectacle pour vous présenter Le meilleur de la craie | Édition 2.

Bon, c’est vrai que deux éditions, c’est une mince tradition. Mais soyez tout de même assurés que je fais tout mon possible pour bien ancrer cette coutume.

Enfin, je profite de l’occasion pour vous souhaiter un incroyable temps de Fêtes! Au plaisir de vous retrouver en janvier!

(Cliquez sur une photo pour démarrer le diaporama.)

Le meilleur de la craie | Édition 2

Et vous, qu’auriez-vous écrit (ou dessiné)? Laissez-nous savoir dans la section commentaires!

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Comment créer un soutien-gorge en papier à la manière de Clémence DesRochers

Mise en garde : Ce petit conte de Noël contient quelques jeux de mots discutables. Veuillez m’en excuser.

C’est le temps des fêtes (eh oui, déjà!). Manon Brunelle reçoit ses proches pour le traditionnel souper familial. Tout se déroule plutôt bien, les invités ont apprécié sa gigadinde Butterball. À présent, tous sont en grande discussion, un verre de vin à la main.

Avant d’inviter les gens à passer au salon et d’allumer le dernier feu du réveillon dans le foyer, Manon tombe dans la lune en réfléchissant au cadeau qu’elle a bricolé pour sa sœur Camille : une photo de style pop art, dans laquelle elle a réuni les jolis minois des cinq acteurs préférés de sa sœur.

Manon est convaincue que l’image pop art de ces cinq visages pour Camille sera magnifique étant donné sa grande expérience en bricolage, acquise au cours de nombreux pyjamas partys au secondaire. À cette époque, Manon pouvait passer des heures et des heures, au lit avec Virginia, sa best friend du moment, à faire du scrapbooking. Ah, le bon temps!

Tout à coup, son oncle, quelque peu éméché, la tire de sa rêverie : «Hey! Laissez-moi vous dire toute la fureur de ce que je pense de la situation géopolitique actuelle.» Non, juste non. Pas question de clore le réveillon en abordant un sujet aussi sensible. C’est donc le moment idéal pour faire diversion et, par le fait même, d’interrompre son oncle. Manon décide donc d’épater la galerie en démontrant toute l’étendue de la démesure d’une 32a [vous aurez compris que ce titre-là était plus difficile à caser]. En un mot, Manon décide de dérider ses invités en fabriquant un incroyable soutien-gorge à partir de sa napkin!

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Au Théâtre ESPACE GO, c’est Clémence DesRochers qui nous a enseigné la manière de réaliser ce chef-d’œuvre d’origami lors de la soirée qui a suivi la première de LA DÉMESURE D’UNE 32A. Fidèle à elle-même, elle a su faire rire toute la galerie!

Aujourd’hui, c’est votre tour. Suivez ces six étapes pour réussir votre propre soutien-gorge de taille 32A, à la sauce Clémence DesRochers.

 

Étape 1
Dépliez votre serviette et placez-la devant vous.

 

Étape 2
Repliez deux côtés opposés jusqu’au centre de la serviette.

 

Étape 3
Pincez la serviette au milieu des deux côtés opposés que vous venez de replier.

 

Étape 4
Repliez la serviette sur elle-même et retournez-la de sorte que les quatre coins se retrouvent près de vous.

 

Étape 5
Pincez et maintenez ensemble les coins superposés de la serviette avec chacune de vos mains.
Les deux coins à votre droite avec la main droite et les deux coins à votre gauche avec la main gauche.
Attention, il ne faut prendre QUE les coins et non les deux épaisseurs de serviette entre eux.

 

Étape 6
Éloignez vos mains l’une de l’autre, tout en gardant les coins pincés.

 

TADAM!
Un beau soutien-gorge en napkin!
Vous pouvez maintenant dire fièrement : «Moi, je fais du Clémence!»

 

Conseil gratuit
S’il y a des enfants, optez pour la version censurée : les oreilles de chats!


Voici Clémence DesRochers et Brigitte Poupart arborant leurs soutien-gorges oreilles de chat lors de la fête qui a suivi la première de LA DÉMESURE D’UNE 32A, le 14 novembre dernier, au Théâtre ESPACE GO,

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Une correspondance dont vous êtes le héros

Vous trouvez notre hall d’entrée un peu serré avant l’entrée en salle?

Nous avons la solution pour vous : descendez au vestiaire!

ESPACE GO Objet plastique Tiroir verticalDes tiroirs remplis de cahiers de notes vous y attendent. Ce sont ceux de Sophie Cadieux, comédienne et artiste en résidence à ESPACE GO, et de Patrice Dubois, comédien, metteur en scène et codirecteur du Théâtre PÀP (d’autres noms devraient s’ajouter à cette liste, puisque l’installation se renouvellera peu à peu au fil de la saison).

Les cahiers de notes contiennent des pensées, des bouts de textes, des poèmes, des photos, des gribouillages et des dessins qui témoignent de leur manière d’aborder LA créationRien n’est clairement ordonné, tout est un peu pêle-mêle. À vous, donc, de tirer vos propres conclusions…

ESPACE GO Objet plastique Message Fouillez

Fouillez! C’est le mot d’ordre. Prenez un cahier et installez-vous confortablement dans notre fauteuil pour le feuilleter. Qui sait sur quoi vous allez tomber?

Des photos et des extraits tirés de ces cahiers seront publiés ici de tant à autres au cours des prochains mois. Pour me faire parvenir vos propres photos, n’hésitez pas à m’écrire!

Avez-vous eu la chance de fouiller ces cahiers de notes? Avez-vous fait des découvertes? Faites-nous part de vos impressions en laissant un commentaire.

(Cliquez sur la première photo pour les voir en taille réelle.)

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Un appartement dans ESPACE GO

Un mur composé de centaines de « toasts »!

Étrange. Déstabilisant. Intime. Très intime même.

Voilà qui pourrait décrire JE NE M’APPARTIENS PLUS, le déambulatoire théâtral présenté la semaine dernière à ESPACE GO par Sophie Cadieux et ses complices Sophie Corriveau, Nancy Tobin, Alexia Bürger et Romain Fabre. (Petite parenthèse ici : je n’ai pas pu vous en parler avant, car j’étais tenu au secret artistique. Mais maintenant que c’est terminé, j’ose enfreindre l’omertà…)

Invité à déambuler dans un appartement, le specvoyeur (oui, c’est un nouveau mot que je viens d’inventer) se retrouvait seul avec chacune des comédiennes dans différentes pièces, dont la salle de bain et la cuisine.

Difficile de décrire l’effet provoqué par ce contact très privilégié avec ces artistes qui n’hésitaient pas à interagir avec nous. Disons que c’était plaisant et dérangeant à la fois. Comme un massage sportif.

Seulement 30 personnes par soir ont eu la chance d’arpenter les pièces de cet appartement construit dans le Théâtre ESPACE GO.

Quelques journalistes ont écrit des articles sur leur expérience : Philippe Couture du Devoir, David Lefebvre de MonThéâtre.qc.ca et Élizabeth Adel du site Plein Espace. Jean Siag de La Presse et J. Kelly Nestruck du Globe and Mail en ont aussi parlé avant le début des représentations.

En terminant, voici une vingtaine de photos prises durant le parcours. Alors si vous avez manqué cette aventure théâtrale, ce sera comme si vous y étiez!

Question : Avez-vous assisté à JE NE M’APPARTIENS PLUS? Comment avez-vous trouvé votre expérience? Laissez votre commentaire en cliquant ici.

(Cliquez sur la première photo pour les voir en taille réelle.)

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La saison 2012-2013, version visuelle

C’est hier qu’a eu lieu le lancement médiatique de la saison 2012-2013 du Théâtre ESPACE GO!

Journalistes, photographes et quelques abonnés étaient au rendez-vous pour entendre les artistes présenter les spectacles à venir.

Je partage avec vous la présentation visuelle de ce lancement, disponible à l’adresse prezi.com/f9opd8eaxrpt/theatre-espace-go-saison-2012-2013.

Bien sûr, ce n’est qu’une petite portion de l’événement, mais ça donne une idée de la saison à venir.

Pour faire défiler les images et les vidéos, il suffit d’appuyer sur le bouton ► après chacune d’entre elles.

C’est aussi plus intéressant en plein écran, alors sélectionnez Fullscreen dans le menu More.

Bon visionnement!

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