Un décor et ses affiches

Avez-vous assisté à la pièce UN TRAMWAY NOMMÉ DÉSIR l’an dernier?

Si oui, vous avez sans doute remarqué l’énorme affiche du film A Streetcar Named Desire en fond de scène. Ce film mythique d’Elia Kazan est sorti en 1951, à la suite de la création de la pièce sur Broadway (plus de 850 représentations entre 1947 et 1949).

Le film, qui met en vedette Vivien Leigh dans le rôle de Blanche DuBois et Marlon Brando dans celui de Stanley Kowalski, a été si populaire que les acteurs ont véritablement marqué au fer rouge la pièce de Tennessee Williams. Pas facile, donc, de s’affranchir du film et de ses acteurs lorsque vient le temps de monter UN TRAMWAY NOMMÉ DÉSIR au théâtre.

Plutôt que de faire semblant que le film n’a jamais existé, le metteur en scène Serge Denoncourt a décidé au contraire de l’afficher en grand, comme pour dire « tout le monde connaît le film. Tout le monde l’a vu. Maintenant, passons à autre chose. Voici ce que nous proposons. » Voilà donc l’idée derrière l’image géante de Leigh et Brando sur le mur au fond de la scène.

Afin de créer une ambiance délabrée, à l’image de l’appartement de Stanley et Stella (la sœur de Blanche), la scénographe Julie Measroch a décidé de coller des bouts d’affiches sur tous les murs du décor, autour de l’image géante de Vivien Leigh et de Marlon Brando.

De vieilles affiches font partie du décor d'UN TRAMWAY NOMMÉ DÉSIREt où la scénographe a-t-elle trouvé ces restes d’affiches? À la source! En effet, Julie s’est adressé à Publicité Sauvage, la compagnie qui embellit les édifices placardés en collant des affiches dessus.

L’an dernier, la scénographe a donc récupéré de vieilles affiches pleines de colle afin de leur donner une seconde vie dans le décor de la pièce. Elle a complètement rempli sa voiture à trois reprises de ces bouts de papier!

Décidément, pour paraphraser Lavoisier, rien ne se perd, rien ne se crée, tout se recolle.

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► Cliquez ici pour visiter la page du spectacle UN TRAMWAY NOMMÉ DÉSIR, qui sera de nouveau présenté à ESPACE GO du 12 janvier au 13 février 2016.

GRUBB – Gypsy Roma Urban Balkan Beats

Je parie que vous avez entendu parler du spectacle GRUBB – Gypsy Roma Urban Balkan Beats – lorsque la troupe est venue à Montréal l’été dernier. Est-ce que je me trompe?

Monté par Serge Denoncourt et mettant en scène de jeunes Serbes de 13 à 17 ans, GRUBB est issu d’ateliers de musique créés par l’organisme RPOINT.

Les profits du spectacle permettent de favoriser l’accès à l’éducation des jeunes Roms serbes qui sont largement ostracisés et victimes de racisme. Saviez-vous que seulement 20% d’entre eux terminent leur primaire? Leur primaire! D’où l’importance d’un organisme comme RPOINT.

Exposition au bénéfice de GRUBB

La semaine dernière, une exposition photo a eu lieu à ESPACE GO afin de donner un coup de pouce à la troupe qui revient à Montréal cette année, du 28 juin au 3 juillet, dans le cadre du Festival International de Jazz.

Environ 90 photos étaient mises en vente, installées un peu partout dans la salle.

Voici quelques clichés de cette exposition.

(Cliquez sur une photo pour démarrer le diaporama.)

Et voici une vidéo (en anglais) de GRUBB, mise en ligne par l’organisme RPOINT :

Avez-vous vu le spectacle? Ou irez-vous le voir?

Une artiste, deux heures, une seule fois : la soirée-hommage

Imaginez ceci : monter un spectacle de deux heures avec une cinquantaine d’artistes, en un mois et demi seulement, pour une présentation… unique. Oui, un soir seulement. C’est un peu fou, non? Et pourtant, c’est exactement ce que propose la soirée-hommage d’ESPACE GO. Une belle preuve du caractère si éphémère du théâtre!

Cet événement-bénéfice annuel est entièrement consacré à un grand artiste. Ou plutôt à UNE grandE artistE (ESPACE GO est d’abord et avant tout un théâtre féministe, ne l’oublions pas!) Parmi ses membres, le club sélect des honorées compte, entre autres, Janine Sutto, Françoise Faucher, Rita Lafontaine, Monique Miller, Andrée Lachapelle et Clémence DesRochers.

Motus et bouche (presque) cousue

Vous comprendrez que puisqu’il s’agit d’un événement unique et que ça doit demeurer une surprise pour l’artiste honorée, je ne peux pas trop en révéler sur le spectacle du 31 mai prochain, sous peine de terribles représailles. (Cependant, en privé, en échange d’une crème glacée trempée dans le chocolat, je serais peut-être prêt à parler…)

Voici tout de même quelques détails sur la préparation de cette soirée, histoire de ne pas passer pour un radin. Cette année, le spectacle, conçu par Ginette Noiseux (notre directrice) et mis en scène par Serge Denoncourt, rendra hommage à une grande actrice, aussi belle que talentueuse : Louise Marleau.

Une riche carrière de plus de 50 ans comme la sienne mérite d’être soulignée. Théâtre, télévision, télé-théâtre (vivement le retour des Beaux Dimanches!), cinéma… Voilà beaucoup de matière à fouiller pour en extraire les moments les plus mémorables.

La comédienne a été rencontrée à quelques reprises afin d’en apprendre davantage sur elle, de l’entendre raconter ses souvenirs et parler de ses rôles marquants. Ces rencontres ont permis d’orienter les recherches et, bien sûr, les choix finaux pour le spectacle.

Et pour mettre de l’ordre dans tout ça, il est nécessaire d’avoir un bon outil d’organisation : le mur de liège! Y sont épinglés une centaine de cartons sur lesquels apparaissent, pour chaque moment de la soirée, le nom du numéro, la personne qui l’écrit, les artistes qui y participent, etc. Cela permet, en un coup d’œil, de « voir » la soirée-hommage. À vue de nez, ça me semble excellent! (Notez que la photo est volontairement floue. Un secret, c’est un secret.)

La soirée n’aura lieu que dans deux semaines. (Certains diraient plutôt : « Quoi!?! Dans deux semaines?!? Déjà! » C’est selon.) Il faudra donc être patient avant d’en savoir plus sur son contenu, à moins que vous ne m’invitiez au bar laitier… D’ici là, il m’est tout de même permis de vous parler du spectacle de l’an passé!

À 50 ans, on mérite bien une fête spéciale!

En juin dernier, la 16e soirée-hommage ne rendait pas hommage à une artiste en particulier. En effet, elle était plutôt vouée à l’École nationale de théâtre du Canada (ÉNT) qui fêtait ses 50 ans. Le spectacle, intitulé pour l’occasion L’ÉCOLE DES FEMMES, comptait plusieurs numéros mémorables, dont un extrait du spectacle musical CHANTE AVEC MOI :

Chante!
Oui je chante
Chante!
Avec moi

Un sacré ver d’oreille, je vous le jure! Un an plus tard, je me surprends encore parfois à fredonner le refrain en boucle (car je ne connais pas le reste de la chanson)! Mémorable que je vous disais… Avez-vous déjà assisté à ce spectacle? Êtes-vous pris avec le même « problème » que moi?

Un autre numéro était très touchant. Sur scène, la chorale de l’ÉNT. Dirigeant ces voix, dos à nous, Catherine Gadouas, la cheffe de chœur. Cette musicienne enseigne depuis de nombreuses années à l’École et est très appréciée de ses élèves. Un scénario parfait pour un petit hommage bien mérité!

Durant le numéro de chant, alors que la cheffe de chœur (qui ne se doutait de rien) menait la chorale, celle-ci s’est séparée pour laisser apparaître la mère de Catherine : Andrée Lachapelle elle-même venue livrer un vibrant mot (j’oserais dire « d’amour ») à sa fille, lui rappelant à quel point elle était fière d’elle et ce, devant plus de 300 personnes. Un très joli moment!

En terminant, je vous pose le question : si vous aviez à concocter une soirée-hommage, à quel(le) artiste serait-elle consacrée?